le site Ehandicap World Records

ILS SONT non-voyants, tétraplégiques, amputés des deux jambes ou atteints de la sclérose en plaques. Ils ont vaincu le Mont-Blanc avec des béquilles, traversé Sète à la nage, affronté les dunes du désert marocain en quad ou sauté en parachute. Lancé aujourd'hui, un site Internet français inédit :
Ehandicapworldrecords
- recense et valide les défis et les records (non homologués par les fédérations handisport) de personnes handicapées de l'Hexagone, mais aussi de toute la planète. C'est une première... mondiale à l'heure où, hasard de l'actualité, un Sud-Africain amputé des deux jambes, Oscar Pistorius, a été autorisé à concourir pour les qualifications aux JO de Pékin avec ses prothèses en fibre de carbone.
« A ce jour, il n'existait rien pour valoriser la concrétisation des défis des personnes diminuées physiquement. C'est aussi une manière de promouvoir leur exemple, de donner envie », s'enthousiasme Luc Costermans, non-voyant de 42 ans domicilié dans la Drôme. Cet auteur d'un tour de France aérien en 2006 est, aux côtés d'un huissier de justice et du directeur de la station du mont Ventoux, à l'origine de cette initiative 100 % bénévole soutenue par Bernard Laporte, secrétaire d'Etat aux Sports.
Un beau projet parrainé, entre autres, par Philippe Streiff, ancien pilote de F1 devenu tétraplégique à la suite d'un accident lors d'essais au Brésil en 1989, ou l'ex-perchiste Sergueï Bubka, membre du Comité international olympique. Pour célébrer l'arrivée du nouveau venu sur la Toile, quatre défis vont être relevés ce matin du côté d'Avignon (Vaucluse) dont l'ascension, en tandem, du mont Ventoux par un non-voyant, un saut en parachute d'une altitude de 6 000 m sous oxygène d'un fonceur ayant la sclérose en plaques, un marathon en fauteuil roulant en relais, ou encore le pilotage d'un hors-bord par un tétraplégique.
Dépassement de soi « De la visibilité va être offerte à celles et ceux qui se dépassent », résume Delphine Le Sausse, championne du monde de ski nautique handisport. Il s'agit bien là d'une reconnaissance officielle pour les compétiteurs hors-norme, modèles de dépassement de soi. Car dans le célèbre « Guinness des records », les prouesses des handicapés n'ont pas leur place. « Nous essayons d'inclure un nombre le plus large possible de disciplines et par conséquent nous devons nous concentrer sur les records absolus plutôt que ceux qui sont spécifiques », explique la société Guinness World Records, basée à Londres, qui « ne reconnaît pas » les exploits réalisés par les non-valides. Sur www.ehandicapworldrecords.org , site disponible en français, en anglais et en espagnol, chaque prouesse, pour être mise en lumière, doit être certifiée par un comité d'experts composé de médecins, d'un avocat, d'un officier de gendarmerie ou d'un pilote de ligne. « Il y a une déontologie et des règles à respecter aussi strictes que celles destinées aux valides », prévient Jean-Yves Borel, huissier de justice et cofondateur du site.

Vincent MONGAILLARD
Source : Le Parisien du 26 mai 2008

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