Bilan de la rencontre avec les Gîtes de France du Calvados

Deux rencontres ont déjà eu lieu entre l'association Cécitix et la personne chargée de l'accessibilité des handicapés au sein des Gîtes de France du Calvados le mercredi 26 novembre et le jeudi 4 décembre 2003.

1. - Introduction

Les Gîtes de France correspondent à des hébergements touristiques en milieu rural comprenant :
- des gîtes meublés pour la famille
- des chambres d'hôte
- des gîtes de groupes.

Ces hébergements sont occasionnels, dits à la nuitée avec un petit déjeuner. Le Calvados est le département où est recensé le plus grand nombre de gîtes ruraux :
- 800 gîtes ruraux dont seulement 17 accessibles
- autant de chambres d'hôtes auprès de 400 propriétaires.

2. - Les constats

Le handicap moteur est bien réglementé, des informations, des normes y font référence notamment en matière d'agencement, de l'accessibilité. Un leurre subsiste : le handicap sensoriel ! Existe-t-il une réglementation ? Leur intérêt est d'obtenir le label "Tourisme handicap" sans aucune discrimination.

3. - Les attentes

Par l'intermédiaire de notre interlocuteur les Gîtes de France du Calvados ont le souhait que nos aspirations deviennent les leurs, à savoir :
- nos attentes relatives à l'hébergement
- ce qu'il est possible de faire pour améliorer l'accès aux Gîtes de France tant au niveau de l'accès, du trajet, du confort pièce par pièce, des aménagements nécessaires...

4. - Nos réponses

Avant toute chose, avant de louer un logement quel qu'il soit la première des choses est la documentation, le contrat de location. Nous lui avons conseillé d'adapter tous ces supports papiers, à savoir en braille, en gros caractère ou sur cassettes. De ce fait nous devons lui transmettre la liste des structures susceptibles de lui fournir un devis par rapport au coût d'un tel projet. Un membre de Cécitix est alors en charge de lui transmettre les adresse utiles en matière de transcription.

En second lieu, il semble essentiel que l'hébergement se situe à proximité :
- des structures médicales d'urgences
- des établissements de biens de consommation
- des services de transports.

D'autre part, il est important que le propriétaire du lieu de séjour soit informé que nous souhaiterions :
- avoir un premier contact téléphonique pour nous faire une idée de la personne qui nous reçoit et pour échanger avec lui sur nos attentes, nos besoins
- la possibilité d'avoir un accueil physique disponible
- l'informer sur le handicap sensoriel
- lui faire entendre qu'il ne doit pas entrer dans une logique d'assistanat mais d'un accueil chaleureux et le plus agréable possible
- le propriétaire doit impérativement effectuer une première visite du gîte et de ses extérieurs pour nous faire découvrir notre nouvel environnement.

En ce qui concerne le lieu par lui-même, il semble fondamental que :
- un état des lieux approfondi soit établi, environnement extérieur (pelouse, gravier, marches à monter ou descendre, bordures...) pièce par pièce (emplacement des prises électriques, des interrupteurs, de la contenance des placards.

Aménagements spécifiques de la cuisine :
- des boutons crantés pour le matériel électroménager
- éviter que la pièce soit trop lumineuse au niveau peinture
- trop encombrées au niveau des meubles
- avoir un bon éclairage au niveau du plan de travail.

Pour l'équipement du séjour et du salon il serait nécessaire :
- d'éviter les systèmes de chauffages par programmateur
- d'installer une "butée" devant la cheminée
- de limiter tout mobilier en verre (table basse...)
- de se référer aux normes en rigueur pour l'accessibilité des personnes en fauteuil pour ce qui est de l'aménagement des pièces (passage entre les meubles, dans les déplacements au sein des pièces...).
- de ne pas négliger l'importance que revêt la musique pour nous, c'est-à-dire mise à disposition d'un lecteur CD, d'un magnétophone K7
- de penser à des jeux de société adaptés. Pour se faire, il existe des produits adaptés à la basse vision (se référer aux catalogues des sociétés spécialisées dans ce domaine, une liste vous sera fournie ultérieurement).

Pour la chambre, il est souhaitable :
- de trouver un interrupteur pour la lumière à la tête du lit
- d'éviter toute étagère au-dessus du lit
- des portes coulissantes au niveau des rangements.

Enfin pour ce qui est de la salle de bain favoriser au niveau de la robinetterie un système mitigeur d'eau ainsi qu'un bouton poussoir au niveau des WC.

En ce qui concerne les escaliers une remarque a été ajoutée, à savoir éviter tout escalier ajouré ou sans rampe, il doit aussi être équipé d'une barrière de protection sur le seuil supérieur.
Au niveau de l'éclairage il sera utile de se renseigner de l'existence ou non de détecteur afin d'éviter toute consommation inutile d'énergie (je me renseigne auprès d'EDF).

Reste l'extérieur de l'habitation :
- adopter de préférence un barbecue électrique
- dans la mesure du possible éviter le salon de jardin de couleur blanche, une alternative serait de recouvrir la table d'une nappe colorée
- un éclairage automatique qui se déclenche par la détection d'une présence.

Notre interlocuteur souhaite de ce fait être informé sur toutes les adaptations possibles. Nous lui proposons de lui communiquer les catalogues où se trouve recensé ce qu'il est possible de faire comme aménagement au sein du foyer.

5. - Projets

Par l'intermédiaire de notre interlocuteur les Gîtes de France "s'engagent" :
- à évaluer le coût financier de tels aménagements
- à prospecter au niveau des subventions possibles
- à lister les gîtes, les chambres susceptibles de pouvoir nous accueillir dans les meilleures conditions possibles
- ultérieurement sensibiliser, informer et former les propriétaires à la déficience visuelle ceci par l'intermédiaire de notre intervention.

6. - Conclusions

Il est remarquable que la personne chargée de l'accessibilité des handicapés que nous avons rencontrée est un véritable souhait de s'informer, de se former au handicap visuel, de mettre au point des projets à courts et longs termes, notamment former les accueillants au handicap, nous faire intervenir lors de journées de sensibilisation. Un travail en partenariat semble amorcé.

Rédigé par Sophie Hammon, le 20 décembre 2003.

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